© Shutterstock - Aix-en-Provence, Théâtre de l'Archévéché

Festival d’Aix-en-Provence 2026 : une quête d’humanité au cœur du lyrique

Sous le thème fédérateur « En quête d’humanité », l’édition 2026 du Festival d’Aix-en-Provence, qui se tiendra du 2 au 21 juillet, articule un parcours où les œuvres interrogent, chacune à leur manière, les zones d’ombre et de lumière de la condition humaine — de l’innocence à la violence, de la métamorphose à la disparition, de la révolte à la consolation.

Le cœur du programme lyrique 2026 repose sur quatre opéras mis en scène – Die ZauberflöteDie Frau ohne SchattenAccabadora (création mondiale) et le retour du Requiem de Mozart par Romeo Castellucci – auxquels s’ajoutent deux titres en version de concert, Les Vêpres siciliennes et Le Château de Barbe-Bleue. Le festival y affiche un équilibre revendiqué entre classicisme et modernité : célébration du patrimoine (Mozart, Verdi, Strauss, Bartók) et exploration de langages d’aujourd’hui (Filidei, Henze) se répondent dans un même geste curatorial.

Mozart, matrice d’Aix

Indissociable de l’histoire d’Aix, Mozart ouvre le festival au Théâtre de l’Archevêché avec une nouvelle Flûte enchantée confiée à Clément Cogitore et à Leonardo García Alarcón à la tête de la Cappella Mediterranea et du Choeur de chambre de Namur. Le choix d’un chef issu du baroque et d’un metteur en scène familier du langage visuel contemporain promet une lecture à la fois ludique et initiatique, portée par une distribution de haut vol (Sabine Devieilhe, Ying Fang, Mauro Peter) dans l’écrin nocturne de l’Archevêché.

Autre jalon mozartien, le Requiem mis en scène par Romeo Castellucci, créé à Aix en 2019 et devenu référence, revient comme un « fantôme magnifique » dans le paysage du festival 2026, toujours sous la direction de Raphaël Pichon. Cette reprise, pensée comme un véritable testament artistique de la direction de Pierre Audi, continue de questionner la ritualité du concert et la matérialité du sacré en interrogeant le rapport du corps à la musique de Mozart.

Strauss, Verdi et le vertige du grand opéra

Avec Die Frau ohne Schatten de Richard Strauss au Grand Théâtre de Provence, dirigée par Klaus Mäkelä et mise en scène par Barrie Kosky, Aix se positionne sur le terrain ambitieux du grand opéra post-romantique. L’alliage d’un chef en pleine ascension et d’un metteur en scène au théâtre foisonnant laisse augurer un voyage halluciné dans les zones liminales du conte, servi par une distribution de stars (notamment Nina Stemme et Michael Spyres).​ La Monnaie est coproducteur de cette mise en scène.

En miroir, Les Vêpres siciliennes de Verdi, proposées en version de concert avec Daniele Rustioni à la tête de l’Opéra de Lyon, concentrent l’écoute sur l’architecture orchestrale et la tension dramatique de l’œuvre. L’absence de scénographie fonctionne ici comme un révélateur : le poids de l’histoire et de la politique, si central chez Verdi, passe par la seule force des voix et de l’orchestre, dans une tradition très « festival » de redécouverte des grandes fresques verdiennes.

La création mondiale d’Accabadora de Francesco Filidei au Théâtre du Jeu de Paume s’inscrit dans la continuité d’un engagement fort d’Aix pour la musique de notre temps. Inspiré par la figure sarde de la « donneuse de mort », l’ouvrage promet un théâtre sonore où le timbre et le silence deviennent moteurs de tension dramatique, porté par la direction de Lucie Leguay et la mise en scène de Valentina Carrasco.

En écho, El Cimarrón de Hans Werner Henze, donné pour le centenaire du compositeur, réactive un geste de théâtre musical emblématique de la seconde moitié du XXᵉ siècle. À travers le récit d’Esteban Montejo, esclave en fuite, Henze tisse un tissu vocal-instrumental fragmenté qui questionne autant la mémoire politique que la forme même de l’opéra.

Le festival déploie une riche programmation de concerts, où se distinguent notamment :

  • Un Château de Barbe-bleue de Bartok avec Gerald Finley, Irene Roberts, l’Orchestre de Paris et Klaus Mäkelä.
  • Sonya Yoncheva, faisant ses débuts au Festival dans un programme baroque avec Cappella Mediterranea et Leonardo García Alarcon
  • Benjamin Bernheim, accompagné de Qiaochu Li, dans un récital mêlant Massenet, Bizet, Duparc, Puccini, Verdi et Berlioz
  • Michael Spyres, Ailyn Pérez, Stéphane Degout, Raphaël Pichon, Pierre‑Laurent Aimard, entre autres.
  • Une présence forte des résidences de l’Académie, fidèle à l’ADN du festival.

 

Pour le Cercle 

Consulter le programme complet et le prix des places ici

 

Les membres du Cercle qui désirent assister au Festival pourront faire connaître leur sélection à elizabeth.mollard@cerclewagner.be AVANT LE 20 JANVIER 2026

Merci de préciser : les spectacles choisis et pour chaque spectacle : la date, la catégorie, le prix et le nombre de places.