Götterdämmerung sur instrument d’époque Lucerne et Paris
Les Crépuscules se bousculent à l’agenda. Avant ceux de l’Opéra de Paris et du Royal Opera House de Covent Garden, offrez-vous une nouvelle jeunesse. Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur Wagner ! Kent Nagano, l’Orchestre du Festival de Dresde et le Concerto Köln propose un autre univers sonore avec leur interprétation historiquement informée du cycle du Ring. Tout comme à l’époque de Wagner, les instruments à cordes montent leur instrument en boyau; les instruments à vent sont reconstitués à partir de modèles du XIXe siècle ; l’accord de l’orchestre descend (Wagner voulait un la à 435 Hz); et le texte est plutôt du côté de la déclamation que du chanté traditionnel. Soudain, tout devient plus intelligible. Le résultat est saisissant. « Léger et aéré », c’est ainsi que Jan Brachmann a décrit cette interprétation dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung ; en particulier, les vents impressionnent « par une définition plus nette de leurs couleurs individuelles : ils grincent, rotent et grognent avec une sorte de présence indisciplinée ». Avec Götterdämmerung, le Ring boucle la boucle cet été. Et une fois de plus, nous avons la chance de revivre la musique de Wagner telle qu’il l’a probablement entendu lui-même.
Lucerne Festival, 10.09.2026 | 17.00 | KKL Luzern, Concert Hall.
Théâtre des Champs-Elysées, 13.09.2026 | 17.00 |
A lire, un interview de Kent Nagano sur Classica.fr
Saison 2026/2027 du Liceu de Barcelone
- Aïda de Giuseppe Verdi : l’opéra inaugural prévu du 23 septembre au 15 octobre, avec de grandes voix comme Anna Netrebko, Anna Pirozzi, Yusif Eyvazov et Piotr Beczala.
- L’Or du Rhin (Das Rheingold) de Richard Wagner : lancement d’un nouveau cycle sur plusieurs saisons de la Tétralogie coproduite avec le Bayerische Staatsoper et mis en scène par Tobias Kratzer.
- Les Capulet et les Montaigu (I Capuleti e i Montecchi) de Bellini, avec Lisette Oropesa.
- La Clémence de Titus (La clemenza di Tito) de Mozart, sous la direction de Jordi Savall.
- La Bohème de Puccini et La Fille du Far West (La fanciulla del West)
Plus d’informations sur le site du Gran Teatre del Liceu.
Wagner au Deutsche Oper Berlin : les femmes au pouvoir pour Wagner.
Deux visions, deux univers, deux manières d’entrer dans le monde wagnérien
La Deutsche Oper Berlin propose cette saison deux opéras majeurs de Wagner, portés par des chefs d’orchestre engagées, des distributions d’exception et des approches scéniques résolument contemporaines. À cela s’ajoutent deux concerts wagnériens, conçus comme des dialogues inattendus entre Wagner et d’autres univers musicaux. Une saison qui promet aux mélomanes une immersion profonde dans l’imaginaire du compositeur.
Le Hollandais volant
Une lecture nouvelle, portée par une énergie jeune et une mise en scène politique. Pour cette nouvelle production du Hollandais volant, la Deutsche Oper confie la direction musicale à Giedrė Šlekytė, l’une des cheffes les plus prometteuses de sa génération. Elle signe ici ses débuts wagnériens à Berlin, avec une lecture vive, incisive, attentive aux tensions psychologiques du drame. Elle sera ensuite relayée par Anna Handler, autre figure montante de la direction d’orchestre européenne.
Au centre du drame : le marin maudit, condamné à errer jusqu’à ce qu’une femme lui offre la rédemption par une fidélité absolue. Tomasz Konieczny incarne le Hollandais,et Aušrinė Stundytė, célèbre pour ses incarnations radicales de figures féminines, chante Senta pour la première fois.
La mise en scène est confiée à Milo Rau, figure majeure du théâtre documentaire et politique. Pour sa première incursion dans l’univers wagnérien, il utilise l’opéra romantique comme point de départ pour une exploration des zones d’ombre de la République fédérale allemande : mémoire collective, culpabilité, mythes nationaux. Une lecture qui promet d’être aussi dérangeante que stimulante.
Lohengrin
Présenté au Deutsche Oper depuis 2012, cette production de Lohengrin revient cette saison avec une nouvelle direction musicale, confiée à Susanna Mälkki, cheffe finlandaise mondialement reconnue pour la précision de son geste et la clarté de ses architectures sonores. En février 2027, elle fera ses débuts avec l’orchestre de la maison — un événement en soi — et abordera Wagner avec une approche analytique, lumineuse. La distribution réunit : Eric Cutler, ténor héroïque formé au bel canto, dans le rôle‑titre et Miina‑Liisa Värelä, soprano finlandaise désormais incontournable dans les rôles dramatiques de Wagner et Strauss, qui incarne une Ortrud d’une intensité rare.
Pour plus d’information, Deutsche Oper Berlin
